Alene / Mardou

ca. 1953, Lower East Side, Manhattan, New York, New York, USA --- William S. Burroughs & Alene Lee talking on the roof of Allen Ginsberg's apartment building in New York City in 1953; text written by Allen Ginsberg. --- Image by © Allen Ginsberg/CORBIS

Louise Mutabazi est diplômée du master de création littéraire de Paris 8. Lorsqu’elle n’officie pas au Centre national de la danse, l’auteure façonne des portraits d’icônes noires ou métisses dont une partie a été publiée en version anglaise dans le magazine OURS (Genève) et diffusé en Suisse, à Londres et au Nigéria. Ces biographies fictionnelles sont prétexte à interroger la manière dont les femmes afro-descendantes vivent et jouent de leur héritage, s’en défont ou l’assument, le détournent, l’actualisent ou le revisitent.
Pour Blacks to the future, Louise Mutabazi propose une nouvelle série de six portraits qui sera publiée en deux temps sur la plateforme.

Gaëlle Choisne : We are all Negroes

« Je crée des installations sculpturales au carrefour de la sculpture et de la photographie. Hybridation de l’image, de la photographie et de la vidéo. Créolisation d’un monde-chaos. »

fais-moi taire si tu peux

« Une conversation raisonnée sur la façon dont artistes et conservateurs de tous horizons représentent traumatismes collectifs et injustices raciales serait, dans un monde idéal, une occurrence régulière dans les musées et les écoles d’art. [Aussi, c’est une tannée profondément puritaine et anti-intellectuelle que] d’émettre un jugement moral avant tout effort de compréhension esthétique. L’on peut considérer les œuvres d’art comme des indicateurs de privilège racial, sexuel et de classe – je le fais souvent. Mais, supposer que des appels à la censure et à la destruction constituent une réponse légitime à l’injustice perçue, nous entraine sur un chemin bien sombre. » Coco Fusco

contre-feu

« Cela va bientôt faire une décennie que je fais ça et je n’ai jamais reçu d’invitation à venir aux États-Unis, alors je dois supposer qu’il n’y a pas beaucoup d’intérêt. Quand ce n’est pas négatif, (…) ce n’est pas aussi attrayant pour le public, parce que ce n’est pas une belle histoire, cette histoire pleine de compassion. (…) Les planètes, les étoiles, le futurisme et le voyage dans le temps – ce type de visions ne sont pas supposées provenir de garçons noirs originaires de Detroit. » Jeff Mills, co-fondateur du collectif Underground Resistance.

Hacker se(s) d(r)oit(s).

AFRICA’SOUT ! Est un espace dynamique de création chargé d’amorcer + créer des idées radicales qui nourrissent notre rapport à l’Afrique. En soulignant l’urgence des questions sociales et politiques, AFRICA’SOUT ! croit, comme nous, en « l’activisme imaginatif ». Et nous sommes plus que ravis d’avoir collaboré au court format de curation à découvrir sur instagram : @africasout. <3

AFROFUTURISME CLANDESTIN (2/2)

En octobre dernier, nous avons sous-titré en français le film « Space is the Place » de Sun Ra. Il était temps que nous le partagions avec vous! / Mais comme nous apprécions la causette, nous profitons aussi de l’occasion pour partager quelques pensées abordées dans un discours à Johannesburg lors des conférences Black Portraitures III en novembre 2016.

AFROFUTURISME CLANDESTIN (1/2)

En octobre dernier, nous avons sous-titré en français le film « Space is the Place » de Sun Ra. Il était temps que nous le partagions avec vous! / Mais comme nous apprécions la causette, nous profitons aussi de l’occasion pour partager quelques pensées abordées dans un discours à Johannesburg lors des conférences Black Portraitures III en novembre 2016.

L’amour et la violence

« Tout ce que je me rappelle, c’est l’indicible douleur […]. Oui, cela représente véritablement quelque chose, quelque chose d’indicible, dans une nation anglo-teutonique et antisexuelle, d’être né noir. Très bientôt, sans même vous en rendre compte, vous abandonnez tout espoir de communion. Les Noirs, pour la plupart, baissent les yeux ou les lèvent au ciel, mais ne se regardent pas les uns les autres, et les Blancs, pour la plupart, détournent le regard. Et l’Univers est comme un tambour creux. Il n’y a aucun, absolument aucun moyen, me semblait-il alors et m’a-t-il encore parfois semblé depuis, de vivre normalement, d’aimer […] ou d’être aimé. »

L’ « ART CONTEMPORAIN AFRICAIN », AU FEMININ.

L’art contemporain a vu ses limites traditionnellement restreintes à un marché occidental s’étendre à d’autres continents. Si la légitimité de l’art contemporain africain, longtemps considéré comme un art mineur, n’est plus à prouver, les femmes en sont la nouvelle minorité. Leur place est une question pertinente à la croisée des gender, des postcolonial et des cultural studies. Un des enjeux consiste à comprendre le concept de féminisme sur le continent africain illustré par les travaux d’artistes femmes africaines ou de la diaspora.

l’afrofuturisme en 3 points EXPANSION(S)

La SF et autres genres fantasy ont aujourd’hui cessé d’etre une contre-culture, perdant de leur caractère alternatif et parfois subversif. Toutefois, l’idée de durabilité écologique, en «rapprochant» significativement l’avenir, pose une urgence a changer le présent, ici et maintenant. Ce à quoi s’ajoute la démocratisation d’un certain nombre de savoirs & pratiques et l’explosion des styles & références qui ont fait évoluer la notion de marge (espaces dématérialisés, communautés virtuelles, etc.). L’AFROFUTURISME engage ainsi un changement global, créatif et d’actions. Prenant le parti de ceux qui pendant des siècles, marginalisés, ont incarnés l’altérité, il s’adresse plus que jamais à l’ensemble du monde. Inclusif et foisonnant, hétérogène et décomplexé, trans- (au sens premier de traversée), il nous invite à performer le monde.