L’afrofuturisme se fait (re-)connaître par son rapport à la fiction, voire à la science-fiction. Plus qu’une échappatoire, il propose des alternatives à un présent qui, au pire nous refuse toute existence, au mieux échappe à notre influence. C’est l’avènement de nouveaux imaginaires comme outils de remise en question et de critique, pour de nouvelles narrations de l’histoire. Fait d’auteur.e.s qui, opiniâtres, proposent de nouvelles représentations du monde – plus ou moins radicales mais toujours neuves – l’afrofuturisme permet d’envisager, d’imaginer et de faire advenir le monde autrement. Par delà le songe, il devient méthodologie prospective.
l’afrofuturisme en 3 points INCARNATION
L’afrofuturisme est d’abord l’affaire de parcours individuels. Entre fantasmes personnels, provocation et leadership, il est le fait de personnalités fortes et libres dont la mission n’est autre que d’insuffler à chacun le courage nécessaire à sa propre émancipation, à son auto-définition. Jouant des lois et des habitudes communes ou imposées, écrivant leur propre mythologie, leur modèle sert à lui seul de manifeste. Musiciens, ils feront de l’engouement pour la « black music » le levier de diffusion de leur message – éclectique, impossible, dense. L’afrofuturisme se pose dès lors comme un mode de vie original et auto-déterminé : c’est la force du mythe.
B(s)ttf x Musée du Quai Branly
Un grand saut dans l’univers de l’exposition « The Color Line » du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac : c’est le premier Before de la saison et c’est en collaboration avec Blacks to the Future ! Le temps d’une soirée, explorez la culture africaine-américaine à travers une programmation variée, mêlant traditions et création contemporaine.
B(s)ttf x Musée du Quai Branly
Les Week-ends sont un nouveau rendez-vous pour découvrir une exposition de manière inédite ! Musiciens, danseurs, artistes plasticiens, conteurs et conférenciers investissent le musée pour vous faire vivre un moment unique, autour de l’exposition « The Color Line – Les artistes africains-américains et la ségrégation » et explorer près de 150 ans d’histoire de l’art africain-américain. Activités gratuites, en accès libre ou sur présentation d’un billet d’entrée au musée, dans la limite des places disponibles.
From Lagos: Le lundi, c’est haricots !
Ceci est le deuxième essai de la série d’essais autobiographiques du chef Tunde Wey qui, comme on vous le disait dans une publication récente, parcoure les Etats-Unis avec les plats de son restaurant ‘From Lagos’ pour discuter de la question noire aux Etats-Unis.
L’importance d’être en retard (The Importance of Backwardness) – 2/2
« Pays en retard », « pays sous-développés », « Sud » et « Suds », « Tiers-Monde », « Quart-Monde », « Tristes Tropiques » ou « Terres de bonne espérance » […]. Tous ces mots, nous les apprenons au collège, au lycée, à l’université, pendant les cours de géographie… Mais par rapport à quoi ces pays sont-ils donc en retard ?
L’importance d’être en retard (The Importance of Backwardness) – 1/2
« Pays en retard », « pays sous-développés », « Sud » et « Suds », « Tiers-Monde », « Quart-Monde », « Tristes Tropiques » ou « Terres de bonne espérance » : autant de termes, parmi d’autres, plus ou moins « politiquement corrects » utilisés pour désigner des espaces « à la traîne », en retard. « Backward », en somme.
BLACK(S) TO THE FUTURE FESTIVAL
Au cas où ça vous aurait échappé, Black(s) to the Future lance son premier festival, les 2 et 3 juillet prochains !
Philippi Music Project
Philippi, c’est le nom d’un des township du Cap (Afrique du Sud), mais c’est aussi l’origine du Philippi Music Project, projet d’innovation sociale et musical lancé en 2014 par Sibusiso Nyamakazi et Baptiste Guillemet.
Je suis noir mais mon Histoire ne commence pas avec l’esclavage
C’est le premier essai de la série d’essais autobiographiques du chef Tunde Wey qui, comme on vous le disait dans une publication récente, parcoure les Etats-Unis avec les plats de son restaurant ‘From Lagos’ pour discuter de la question noire aux Etats-Unis.
« Strange Fruit » : d’une musique d’anthologie à l’art contemporain.
Le poème « Strange Fruit » d’Abel Meeropol est devenu une chanson notoire interprétée par Billie Holiday à la fin des années 1930. La gestuelle et l’interprétation de la grande Lady Day ont ancré « Strange Fruit » dans l’histoire du jazz et de la musique. Mais au delà, les notes noires et blanches de la chanson trouvent aussi, plastiquement, une résonance sourde ou criante, en tout cas – cruellement – évocatrice.
L’afro-cosmologie prête-à-porter de Selly Raby Kane
Un homme et une femme dansent au rythme hypnotique de percussions synthétiques et d’un chant déformé. Ils piétinent la terre nue et soulèvent des nuages de poussière, leurs membres supérieurs dessinent des formes elliptiques avec pour toile de fond des galaxies nébuleuses. Les danseurs isolés twistent sous l’invisible pression de l’instance du martèlement sonore, dans ce vide sans fond d’où les étoiles vibrent du coeur nu d’amas colorés. En gymnastes défiant la gravité, ils se déplacent sous un rayon de lumière bleue fluorescente diffusé par l’oeil d’une nébuleuse. On les convoque. Une échelle semble monter quelque part, nulle part. Dystopie ou utopie ? La scène ne nous dit pas si les personnages accueillent l’appel ou y résistent.